Friday, April 13, 2018

La vie est trop courte, mais de combien exactement ?

La vie est courte. Je l'ai déjà écrit : c'est un peu une obsession, ces derniers temps. J'imagine qu'il faut que j'apprenne à prendre un certain recul par rapport à cela. En même temps, si la méditation m'a bien appris quelque chose, c'est à accepter ce qui est. Le fait est que je traverse une phase où je m'interroge sur la meilleure manière d'occuper mon temps, de plusieurs points de vue : activités culturelles (livres, films, séries, voyages, etc.), vie personnelle, vie professionnelle, etc. Plutôt que d'éviter ce questionnement, autant l'accepter et suivre le raisonnement jusqu'où il me mène.

Jusqu'à présent et comme je le mentionnais déjà dans l'article en lien plus haut, ma démarche rencontre pour l'instant une certaine incompréhension. A en croire certains, je réfléchis trop. Ou alors je réfléchis trop à des choses déprimantes. Pire : je serais peut-être même angoissé/obsédé par la mort. Pour d'autres, il semblerait que le fait que la vie est courte n'est pas une évidence. Serait-ce quelque chose dont on se rend compte plus facilement à partir d'un certain âge ? En tout cas, ça n'est pas vraiment un scoop : la plupart des gens préfèrent ne pas penser à leur mort, donc au fait que leur vie s'arrêtera un jour. Alors, oui, ils préfèrent "vivre le moment présent", en tout cas lorsqu'on leur rappelle qu'eux aussi, ils mourront un jour. Mais n'est-ce pas une solution de facilité ?

En fait, il me semble qu'essayer de vivre le plus possible le moment présent et prendre en compte notre finitude ne sont pas des approches exclusives. Que l'on n'ait plus qu'un an à vivre ou que l'on en ait encore cent, cela ne change rien au fait que c'est de toute façon une bonne idée de profiter du moment présent, d'être attentif aux gens et aux choses autour de soi.

Par contre, n'avoir plus qu'un an à disposition ou en avoir encore cent, cela change tout de même pas mal de choses, dans la pratique.

Pour ma part, je vais avoir 40 ans cette année. Selon les chiffres que j'ai pu trouver, mon espérance de vie est de 82 ans. Il me resterait donc 42 ans à vivre, en moyenne. Tout en sachant que je peux mourir demain ou alors dans 80 ans, à l'âge de 120 ans. Impossible de le savoir.

Appliquons ces chiffres à quelques cas concrets qui me parlent. Les films, par exemple. Est-il possible de voir tous les films qui ont été réalisés ? Dans le cas contraire, combien de films puis-je encore espérer voir durant mon existence ? Y a-t-il une sorte de filtre que je puisse appliquer pour ne regarder que les films qui en valent la peine ?

En première approche, il peut être intéressant de se demander combien de films existent déjà. Un premier lien sur Quora me donne une réponse de 326 609 films. Un autre lien mentionne "presque 300 000" films.

A la question de savoir combien de temps il faudrait pour regarder tous les films existants, une personne part sur la base de 541 226 films d'une durée totale de 30 603 173 minutes, à savoir 58 ans. Si on s'en tient aux films de plus de 60 minutes, on se retrouve avec 233 590 films d'une durée totale de 23 108 401 minutes, donc de 44 ans.

Même en y consacrant tout mon temps, il semble bel et bien que ce soit mission impossible. Mais je ne passe pas tout mon temps libre à regarder des films : selon mes statistiques personnelles, je regarde une trentaine de films par année en moyenne. Disons trente, pour arrondir, ce qui, sur 42 ans restants, correspond à 1 260 films.

En arrondissant généreusement vers le haut, je peux donc espérer encore voir 1 500 films dans ma vie. Soit environ 0.3% à 0.5% de tous les films existants. Il me semble donc indispensable d'être exigeant dans mes choix. Ou tout du moins d'essayer de le faire.

Selon mes calculs basés sur les données d'IMDb, il faudrait donc que je m'en tienne à des films ayant une note supérieure ou égale à 8.1 si je ne considère que les films ayant 1 000 votes ou plus. Ma conclusion personnelle était la suivante : "It appears that it's probably a good idea to stay clear of feature films with a rating lower than 7 or 8, depending on the number of films."

Je suis bien conscient que les notes d'IMDb sont une approximation très imparfaite de mes goûts cinématographiques personnels ; je le vois en particulier avec les films de Scorsese (que j'ai vraiment énormément de peine à apprécier, mais dont les films ont généralement de bonnes notes sur IMDb) et ceux de Lynch (que j'adore, mais dont plusieurs films pourraient avoir de bien meilleures notes sur IMDb selon moi). A défaut de quelque chose de plus nuancé, IMDb permet en tout cas de séparer les films a priori excellents de ceux qui sont vraiment mauvais. Entre ces deux extrêmes, il est clair qu'il faut naviguer un peu subtilement, en prenant en compte les avis des spectateurs (IMDb, Rotten Tomatoes), ceux des critiques (Metacritic, Rotten Tomatoes), mes goûts personnels, etc.

Pour les livres, la problématique est la même. Une recherche rapide m'apprend que 129 864 880 livres auraient été publiés, au total. Du côté de mes statistiques, ce sont à peu près dix livres par an que je lis. Il me reste donc encore 420 livres à lire jusqu'à ma mort. En moyenne, toujours. Ça n'est pas beaucoup. Cela représente 0.0003% de tous les livres existants.

Pour la musique, il est un peu plus difficile de me faire une idée. Il y a quelques années, iTunes avait 26 millions de morceaux à disposition, pour un total de 1 300 000 heures. Selon Last.fm, j'écoute environ 4 500 morceaux par an. Je peux donc espérer écouter encore 176 400 morceaux de musique, soit 0.7% de tous les morceaux présents sur iTunes. En réalité, je me retrouve souvent à écouter la même musique, plutôt que de découvrir quelque chose que je ne connais pas ou peu. Cela est beaucoup plus vrai avec la musique qu'avec les films ou les livres.

Ces chiffres donnent une certaine perspective. Pour quelque chose de plus visuel, Tim Urban propose quelques représentations graphiques sur WaitButWhy et rappelle que le temps passé avec les gens que nous aimons est aussi limité. Paul Graham a aussi écrit un très bon article sur la courte durée de la vie.

Donc, oui, il y a une leçon a tirer de toutes ces considérations et c'est une leçon sérieuse, mais il faut aussi prendre tout cela avec une certaine légèreté. Faire des listes est quelque chose qui m'amuse. Faire des statistiques, également. Je ne pense pas qu'il faille trop s'attacher à une note IMDb minimale ou être systématiquement trop avare avec son temps, mais je pense aussi que c'est une erreur de ne pas penser du tout au temps qui nous reste, sous prétexte que cette réflexion est déprimante. La vie est faite pour être vécue et on peut le faire plus ou moins bien, selon les choix que nous faisons. Il faut donc donner un certain poids à ces choix, en tout cas la plupart du temps.

Sunday, April 1, 2018

Point Facebook

J'ai un rapport amour-haine avec Facebook. Rien à voir avec le récent scandale lié à Cambridge Analytica ou à la campagne #DeleteFacebook. Je m'étonne encore que les gens puissent s'étonner de la mauvaise utilisation que Facebook ou des acteurs tiers font de leurs données personnelles. Cela me semble vraiment naïf. Nous sommes prévenus, depuis des années. Il n'y a rien de véritablement nouveau sous le soleil.

Non, ce rapport ambigu dure depuis des années. J'ai fait une pause Facebook entre 2014 et 2016, avant de m'y remettre, sans grande conviction.

Si Facebook disparaissait, cela ne changerait pas grand-chose à ma vie ; mais le fait est que c'est là que beaucoup de gens partagent encore leurs photos, vidéos, états d'âme, coups de gueule et coups de coeur. Je trouverais donc dommage de quitter complètement Facebook. Cela me semble trop radical. J'y trouve encore, quoique rarement, des choses intéressantes. Certains groupes Facebook sont aussi très utiles et n'ont pas d'équivalents hors de ce réseau social.

Il y a trois mois, j'ai désinstallé l'application Facebook de mon smartphone et installé l'extension pour Chrome appelée StayFocusd, qui permet de limiter le temps passé sur Facebook ou d'autres sites que l'on peut configurer (Twitter, etc.). Je suis encore en train de chercher la configuration idéale : je suis passé successivement de 10 minutes à 2 minutes, puis à 5 minutes par jour.  L'extension, encore imparfaite, est relativement bien faite, avec une touche d'humour. Il n'est pour l'instant pas possible de régler le temps maximum par site, mais cela devrait venir prochainement (c'est la première fonctionnalité demandée par les utilisateurs). Ce temps est donc pour l'instant global (dans mon cas, j'ai donc droit à 5 minutes maximum par jour pour l'ensemble des sites configurés, pas seulement Facebook).

L'expérience est jusqu'à présent concluante. Je ne la prends pas trop au sérieux et suis prêt à changer d'avis à tout moment. C'est l'occasion de lancer la discussion autour de moi. J'ai ainsi convaincu quelques personnes d'essayer StayFocusd. Depuis trois mois, je suis surtout beaucoup plus conscient du temps que je passe sur Facebook. Je vais à l'essentiel. Et c'est très agréable.

Enfin, plus que jamais, je pense que des solutions de type RSS/Atom, où l'on contrôle ce que l'on "consomme", restent d'actualité. J'utilise Feedly depuis cinq ans et il est rare que je me dise que je perde mon temps lorsque j'y lis mes articles, webcomics et autres. C'est une solution vieille d'un point de vue technologique, mais étonnamment efficace.

Wednesday, February 28, 2018

"That's it"

Ça n'est un mystère pour personne dans mon entourage : je suis fan de Prince. Après son décès en avril 2016, il m'a fallu quelques semaines avant de pouvoir écouter à nouveau sa musique sereinement, mais j'ai rapidement eu envie de faire plus que cela : j'ai voulu écouter tous ses albums officiels, dans l'ordre, du premier au dernier.

La définition d'un album officiel est forcément un peu subjective, mais cela exclut pour moi les bootlegs (enregistrements "pirates", en français), les singles, maxi-singles, compilations et autres publications promotionnelles (promo CD, etc.). J'ai également largement exclu les vidéos (VHS, DVD et autres LaserDiscs) de ma sélection.

Par contre, il faut savoir que Prince a été très prolifique et a utilisé des pseudonymes pour pouvoir sortir plus de musique, s'est caché derrière des groupes fictifs ou réels, derrière des artistes qui, pour certains, ne faisaient que remplacer la voix de Prince sur des enregistrement complètement produits, arrangés, composés et joués par ce dernier ; des sortes de "marionnettes" permettant à Prince de contourner le goulot d'étranglement créatif que représentait sa maison de disque. Il est difficile de ne pas considérer ces albums sortis sous d'autres noms comme des albums de Prince à part entière.

J'ai donc sélectionné 75 albums de Prince et ai commencé à les écouter dans l'ordre chronologique, documentant mon avancement sur Twitter via le hashtag #Prince75. En cours de route, j'ai décidé d'inclure ou non certains albums.

En particulier, Milk & Honey n'a été vendu qu'au Japon, durant une très courte période de temps, avant d'être annulé, et est considéré non officiel, mais le cas est limite.

Un autre cas particulier est celui de The Undertaker, que Prince avait voulu sortir en 1994 sous la forme d'un CD via le magazine Guitar World, avant que sa maison de disque intervienne et fasse annuler le projet, qui a finalement vu le jour officiellement sous forme de vidéo (VHS/LaserDisc) en 1995.

Enfin, j'ai inclus 1-800 New Funk, qui est une compilation de 1994, mais qui contient essentiellement des morceaux qui ne sont pas disponibles ailleurs.

Concernant les crédits, je n'ai pas distingué les albums sortis sous le nom de "Prince" et ceux sortis sous le nom du symbole qu'il a utilisé entre 1993 et 2000. Ce sont donc 45 albums, sur les 76 que j'ai considérés, qu'il a sortis sous son nom et 31 qu'il a sortis sous d'autres noms.

Techniquement, le Black Album ne porte aucun nom et n'est crédité à aucun artiste, mais a toujours été associé à Prince, dès son annulation en 1987 et à nouveau à partir de 1994, lors de sa publication officielle.

Enfin, il faut noter que je n'ai pas inclus les albums qui contiennent essentiellement (i.e. plus de la moitié) des morceaux qui n'ont rien à voir avec Prince. J'ai donc exclu des albums tels que Martika's Kitchen de Martika, qui contient pourtant quatre morceaux composés et joués par Prince, ou Like A Prayer de Madonna, sur lequel Prince participe officiellement (une chanson) et sans être crédité (trois chansons).

Bref, Prince a une discographie assez complexe (voir PrinceVault pour plus d'informations) et c'est probablement l'équivalent de quelques dizaines d'albums qu'il faudrait ajouter en plus à ma liste pour prendre en considération toutes les chansons qu'il a sorties en dehors de ces albums (faces B, compilations, streaming, etc.). Et après cela, il y a encore toute la face inofficielle et/ou live de Prince, qui correspond à plusieurs centaines d'albums (en tout cas).

Voici donc tous les albums que j'ai écoutés, classés du meilleur au moins bon (selon moi, bien entendu). Cette liste n'a pas tout à fait valeur de recommandation de ma part, mais presque.

Pour quelqu'un qui voudrait explorer la discographie de Prince, je dirais qu'il est possible de s'en tenir aux 69 premiers albums, les 7 derniers ayant une valeur artistique... limitée. Un vrai fan écoutera tout, par contre ! Oui, même Carmen Electra qui rape...
  1. Lovesexy (1988)
  2. Sign O' The Times (1987)
  3. Purple Rain - Prince and The Revolution (1984)
  4. The Gold Experience (1995)
  5. The Rainbow Children (2001)
  6. Batman (1989)
  7. Love Symbol - Prince and The New Power Generation (1992)
  8. Parade - Prince and The Revolution (1986)
  9. 1999 (1982)
  10. Around The World In A Day - Prince and The Revolution (1985)
  11. The Black Album (1987/1994)
  12. Lotusflow3r (2009)
  13. Come (1994)
  14. Dirty Mind (1980)
  15. Graffiti Bridge (1990)
  16. Crystal Ball (1998)
  17. Controversy (1981)
  18. 3121 (2006)
  19. Diamonds And Pearls - Prince and The New Power Generation (1991)
  20. The Undertaker (1994/1995)
  21. Emancipation (1996)
  22. Chaos And Disorder (1996)
  23. The Vault... Old Friends 4 Sale (1998)
  24. Prince (1979)
  25. Art Official Age (2014)
  26. Rave Un2 The Joy Fantastic (1999)
  27. The Family - The Family (1985)
  28. Hitnrun Phase One (2015)
  29. Hitnrun Phase Two (2015)
  30. One Nite Alone... Live! - Prince and The New Power Generation (2002)
  31. Jill Jones - Jill Jones (1987)
  32. The Truth (1998)
  33. 20Ten (2010)
  34. Rave In2 The Joy Fantastic (2001)
  35. Musicology (2004)
  36. Exodus - The New Power Generation (1995)
  37. MPLSound (2009)
  38. Newpower Soul - The New Power Generation (1998)
  39. The Chocolate Invasion (2004)
  40. Planet Earth (2007)
  41. Indigo Nights (2008)
  42. For You (1978)
  43. The Time - The Time (1981)
  44. 8 - Madhouse (1987)
  45. What Time Is It? - The Time (1982)
  46. Plectrumelectrum - Prince and 3rdEyeGirl (2014)
  47. One Nite Alone... The Aftershow: It Ain't Over - Prince and The New Power Generation (2002)
  48. Xpectation (2003)
  49. N.E.W.S. (2003)
  50. 1-800 New Funk - Various artists (1994)
  51. The Slaughterhouse (2004)
  52. One Nite Alone... (2002)
  53. Come 2 My House - Chaka Khan (1998)
  54. Ice Cream Castle - The Time (1984)
  55. Times Squared - Eric Leeds (1991)
  56. The Glamorous Life - Sheila E. (1984)
  57. 16 - Madhouse (1987)
  58. Romance 1600 - Sheila E. (1985)
  59. Child Of The Sun - Mayte (1995)
  60. The Voice - Mavis Staples (1993)
  61. C-Note - Prince and The New Power Generation (2004)
  62. Back In Time - Judith Hill (2015)
  63. Time Waits For No One - Mavis Staples (1989)
  64. Gold Nigga - The New Power Generation (1993)
  65. Superconductor - Andy Allo (2012)
  66. Milk & Honey - Támar Davis (2006)
  67. Sheila E. - Sheila E. (1987)
  68. Oui Can Luv - Andy Allo (2015)
  69. May 19, 1992 - Ingrid Chavez (1991)
  70. Apollonia 6 - Apollonia 6 (1984)
  71. Vanity 6 - Vanity 6 (1982)
  72. Carmen Electra - Carmen Electra (1993)
  73. GCS 2000 - Graham Central Station (1999)
  74. Pandemonium - The Time (1990)
  75. Elixer - Bria Valente (2009)
  76. Kamasutra - The NPG Orchestra (1997)
"That's it" sont les derniers mots prononcés par Prince sur son dernier album, à la fin de la chanson "Big City". Si je n'étais pas aussi rationnel, je dirais qu'il s'agissait d'une prémonition. Mais puisque je le suis, je constaterai simplement que c'est une manière très poétique de conclure une très belle discographie, qui s'est encore prolongée durant les quatre premiers mois de 2016 avec quelques singles. Une version live de "Black Sweat" interprétée au piano, sortie trois jours avant la mort de Prince, est en réalité la dernière publication officielle de Prince réalisée de son vivant.

Wednesday, January 24, 2018

2017 en chiffres

Pour les années précédentes, voir ici : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012 et 2011.

En 2017, j'ai acheté 8 albums (de musique) (+2)
J'ai acheté 2 albums d'artistes qu'on m'avait recommandés, ainsi qu'un album d'un musicien de jazz suisse que j'avais vu en concert à Cully. Dans un cas comme dans l'autre, je n'ai pas vraiment accroché. Le dernier album de Yaron Herman, quant à lui, est pas mal, un peu trop planant à mon goût. Je ne suis pas convaincu par le duo avec Matthieu Chedid. J'apprécie pourtant ces deux artistes, séparément. J'ai également acheté le premier (et seul) album d'Avi Bortnick, l'architecte du projet Überjam de John Scofield. C'est un album sans prétention, mais que j'aime bien.
2017 a aussi été l'année de la publication du premier véritable album d'inédits de Prince, Purple Rain Deluxe, dont le deuxième CD contient 11 studio outtakes, la plupart complètement inédits, c'est-à-dire n'ayant pas circulé sur des bootlegs auparavant. C'est d'ailleurs du côté des bootlegs que les fans ont vraiment été gâtés, de nombreux outtakes et enregistrements soundboard de concerts ayant commencé à circuler en 2017.
Côté Keith Jarrett, après un seul concert au Carnegie Hall en février, nous avons eu droit à un silence radio inquiétant. Plus de concerts. Plus d'albums. Rien. Dans tous les cas, j'espère que Keith Jarrett va bien, car c'est la première année aussi calme depuis 1997, période à laquelle il souffrait du syndrome de fatigue chronique (SFC). A l'heure où j'écris ces lignes, un album est prévu pour mars 2018 (mais toujours aucun concert).
En 2017, j'ai écrit 11 articles sur mon blog (-11)
En 2016, j'avais réussi à écrire régulièrement, tous les mois. En 2017, j'ai été victime d'un blocage et n'ai rien publié durant 3 mois. De manière générale, j'ai été moins spontané dans mon écriture.
Une explication potentielle est qu'en 2017, j'ai décidé de systématiquement commenter/résumer les podcasts que j'écoute, articles et livres que je lis, films et séries que je regarde, etc. Je trouve important de le faire, en particulier pour les podcasts, parce que j'ai tendance (comme tout le monde) à vite oublier les choses, mais aussi parce que cela m'oblige à être un peu plus concentré, à retenir plus de ce que je fais.
Au total, ce sont donc 33 648 mots que j'ai écrits pour ces commentaires, contre 13 088 mots que j'ai écrits pour mon blog, ce qui correspond à peu près à 28 articles en plus (en termes de mots, pas en terme de complexité ou de structure).
Côté écriture spontanée, j'ai écrit 11 704 mots seulement en 2017 contre 50 359 en 2016. Au total, j'ai donc écrit 58 440 mots en 2017 contre 74 266 en 2016 (entre le blog, les commentaires sur les podcasts, etc. et mes sessions d'écriture spontanée). Si je m'en tiens à ce que j'ai publié (donc hors écriture spontanée), j'arrive à un total de 46 736 mots en 2017 contre 23 907 en 2016. Pas étonnant, comme je me filtre moins lorsque j'écris pour moi, spontanément, que lorsque j'écris quelque chose que je publie sur mon blog ou mon site personnel.
Globalement, ça n'est pas énorme. Comme je le dis depuis des années, pour écrire bien, il faut s'entraîner, donc écrire beaucoup. Dans mon cas, il me semble que 100 000 mots sur une année serait un minimum. Il y a encore des efforts à faire, donc.
En 2017, j'ai lu 105 articles
Principalement via Instapaper. C'est une habitude que j'ai commencé à suivre sérieusement dès juin 2016. Depuis 2017, je m'astreins également à résumer les articles que je lis. Je le fais souvent en utilisant des citations de l'article, mais parfois aussi en essayant de le résumer avec mes mots (un exercice plus difficile).
En 2017, j'ai atteint 16 des 21 buts annuels que je m'étais fixés
Il s'agit principalement des buts que je reprends d'année en année, autour des thèmes suivants : culture, lecture, écriture, archivage personnel, programmation, méditation, sport, dons/ventes d’objets, etc. Sur les 5 buts que je n'ai pas atteints, je considère que 2 d'entre eux sont "presque atteints".
J'avais essayé d'être un peu plus ambitieux avec mes projets personnels de programmation / développement logiciel, mais, comme cela est le cas depuis que j'ai commencé à exercer ma profession d'ingénieur logiciel, je trouve parfois difficile de me motiver à faire de la programmation pour le plaisir, alors que c'est une activité que je fais déjà professionnellement. Ce ne sont pas les idées de projets motivants qui manquent, pourtant. Il y a juste un équilibre subtil entre les projets professionnels et personnels, qui est difficile à atteindre.
Je m'étais aussi donné comme but de revoir 5 personnes que je n'avais pas vues depuis longtemps (plus de 3 ans, en l'occurrence). J'y suis parvenu. Ça n'est pas très compliqué. Il suffit de demander, finalement. Je n'avais pas revu l'une de ces personnes depuis 20 ans. Je suis content d'avoir tenté cette expérience, tout en reconnaissant qu'il y a quelque chose d'artificiel, presque un peu malsain, dans le fait de devoir se donner un but chiffré pour se motiver à revoir des gens. Ne sommes-nous toutefois pas tous coupables, une fois ou l'autre, de laisser le temps passer et de ne plus revoir des gens que nous apprécions pourtant ? Dans ce domaine, un petit coup de pouce, quel qu'il soit, est une bonne chose.
En 2017, j'ai vu 13 concerts (-6)
2 opéras de qualité à l'Opéra de Lausanne (Mozart et Puccini), 3 concerts au Cully Jazz Festival, 6 concerts au Montreux Jazz Festival et 2 concerts à New Orleans (dont un concert au Preservation Hall, où j'étais déjà allé en août 2001). L'un de mes concerts préférés a été celui de John Scofield, avec son projet Überjam, que je voyais pour la troisième fois. Comme dit plus haut, Keith Jarrett n'a pas joué de concert après son passage au Carnegie Hall. Je n'ai donc pas eu l'occasion de le revoir. Et j'espère de plus en plus qu'il n'a pas pris sa retraite...
En 2017, j'ai suivi 1 cours sur Coursera (+0)
Comme en 2015 et 2016, je n'ai suivi qu'un seul cours en ligne, ce qui est déjà bien gourmand en temps (vidéos à regarder, plusieurs fois par semaine, exercices pratiques à réaliser chaque semaine, etc.). Il s'agissait cette fois-ci de "Big Data Analysis with Scala and Spark", l'occasion pour moi de me familiariser avec un nouveau paradigme, que je me vois mal exploiter pour des projets personnels, toutefois.
En 2017, j'ai fait 126 sessions de crosstrainer (44 heures au total) (+16)
C'est légèrement mieux qu'en 2016. J'arrive à être régulier. Je suis content. J'ai surtout réussi à continuer mes pompes (2970 au total sur l'année), en passant progressivement de 20 pompes par session en début d'année à 35 pompes par session en fin d'année. J'aimerais bien arriver à 50 pompes, mais je pars de loin : j'ai toujours été très peu musclé et j'imagine qu'il me faudra des années pour atteindre ce but symbolique.
En 2017, j'ai fait 2 dons du sang
Le but n'est pas de me vanter, au contraire, parce que je dois aussi avouer que c'était la première fois de ma vie (à 39 ans) que je donnais mon sang et cela me semble absurde, vu les pénuries de sang régulièrement annoncées. Donner du sang, si les critères sont réunis, n'est pas un gros effort. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas fait plus tôt...
En 2017, j'ai reçu (resp. envoyé) 17 722 (resp. 3 249) emails (+1 064 / +343)
Un net recul par rapport à 2016, donc, mais c'est toujours mieux qu'en 2014 et 2015. En début d'année, j'ai commencé à simplifier et fusionner mes rappels Google Calendar. Je devrais donc recevoir moins de mails de ce type-là en 2018.
En 2017, j'ai vu 35 films (+4)
Dont 19 à la maison, 9 au cinéma, 6 dans des avions et 1 dans un musée (un court-métrage de Hayao Miyazaki au Ghibli Museum à Tokyo). 14 de ces films faisaient partie du top 50 d'IMDb au moment où je les ai vus et 12 étaient des films récents. Cela met d'ailleurs en évidence une tendance chez moi : j'ai de moins en moins envie de voir des films qui viennent de sortir ; en dehors de raisons techniques (meilleure image, meilleurs effets spéciaux, meilleur son, etc.), pourquoi vouloir favoriser les nouveautés par rapport aux milliers de films de qualité déjà sortis des dernières décennies ?
S'il fallait toutefois mentionner quelques bons films vus au cinéma en 2017, je choisirais Rogue One, Manchester by the Sea et La La Land (de bons films, donc, mais pas forcément extraordinaires non plus).
Quelque chose de notable, pour moi : je me suis surpris à aimer un western (un genre qui me parle en général assez peu), Once Upon a Time in the West.
J'ai vu la version remastérisée de Sign O' The Times de Prince au cinéma. Il s'agit d'un film-concert. J'aime bien le principe de diffusion simultanée dans les cinémas. Cela permet aux fans de retrouver une certaine émotion, le sentiment de participer à "quelque chose de plus grand qu'eux". Bref, de participer à un véritable évènement.
A l'heure où j'écris ces lignes, j'ai vu les 35 premiers films du top IMDb. Il me manque 3 films pour avoir vu les 50 premiers films du top, films que je compte bien voir début 2018.
En 2017, j'ai pratiqué 15 fois un jeûne intermittent
C'est une nouvelle expérience que je tente depuis quelques mois, en principe, une fois par semaine. L'idée est de manger le plus tôt possible un soir, sauter le repas du matin le lendemain, puis manger le plus tard possible à midi (par exemple à 13h ou 14h), ce qui permet de pratiquer un jeune de 18 heures. Dans la pratique, je réduis parfois la durée du jeune pour des raisons sociales, mais saute toujours le repas du matin.
En 2017, j'ai lu 14 livres (+2) et 30 bandes dessinées
Côté livres, mes meilleures lectures ont probablement été Nineteen Eighty-Four et Homo Deus. J'ai lu 2 livres clairement moins bons que tous les autres, dont j'aurais aisément pu me passer. J'ai lu un recueil de poèmes (Paroles, de Jacques Prévert), 4 livres de fiction (3 romans et 1 conte) et 9 "essais" (je ne sais jamais comment faire référence aux livres qui ne sont pas de la fiction...), dont 3 de philosophie. J'ai lu 2 livres sur deux de mes musiciens favoris, Keith Jarrett et Prince. J'ai commencé la lecture de What If en version papier (un cadeau), puis ai téléchargé la version électronique (plus pratique). Le conte que j'ai lu est Micromégas de Voltaire. Je le comptabilise comme un livre entier, malgré le fait qu'il s'agit d'une oeuvre très courte. Il m'est arrivé de lire plusieurs livres en parallèle (le recueil de poèmes, essentiellement). J'ai aussi interrompu la lecture d'un livre, quelque chose qu'il m'a été difficile de faire.
J'ai recommencé à lire "sérieusement" des bandes dessinées dès fin 2016. J'ai commencé par l'intégralité du cycle des Mondes d'Aldébaran, puis ai enchaîné avec tous les Lapinot. Je n'ai lu que des versions électroniques, "pirates", puisque le monde de la bande dessinée semble ne pas avoir encore vraiment entamé le virage numérique. Cela faisait des années que je n'avais pas autant lu de bandes dessinées de manière régulière.
En 2017, j'ai médité 180 fois (45 heures au total) (-30)
Je suis passé de sessions de 20 minutes à des sessions de 15 minutes, pour tenter de maintenir mon intérêt et ma régularité, ce qui semble avoir fonctionné. 180 est un chiffre relativement rond. Cela représente à peu près une session de méditation chaque 2 jours en moyenne.
En 2017, j'ai écouté 3 386 morceaux de musique (-207)
De 151 artistes, selon Last.fm, contre 139 en 2016. Cela inclut des doublons. En tête : Prince (rien d'étonnant), Herbie Hancock et Miles Davis. Mon idole Keith Jarrett est nettement plus loin dans le classement, cette année. Je serais curieux de savoir combien de musiciens différents les gens écoutent, en général. Comme j'ai l'habitude d'écouter des albums complets, de manière consciente/rituelle, et que la tendance depuis de nombreuses années maintenant est au streaming, j'imagine que la plupart des gens écoutent plus de morceaux de musique, mais aussi plus d'artistes différents.
J'ai "fait l'effort" d'écouter 12 "classiques" du jazz (selon divers listes glânées sur internet). C'est une habitude pour l'instant acquise, que je continuerai à pratiquer.
En 2017, j'ai visité/vu 23 musées/expositions (+17)
Dont une majorité à l'étranger : 3 à Berlin, 9 au Japon et 5 aux Etats-Unis. Une majorité de musées d'art, également : 15 sur 23. Les musées les plus impressionnants que j'ai eu l'occasion de visiter sont le Metropolitan Museum of Art à New York et le Art Institute of Chicago. Il s'agit de deux musées gigantesques, impossibles à visiter en un seul jour. Bref, le genre de musées dans lesquels j'adore me perdre.
A ce sujet, les musées sont probablement l'un des domaines où le numérique ne peut pas vraiment remplacer l'objet physique, tout du moins pas dans l'immédiat. Le lieu physique où sont exposées les oeuvres d'art fait beaucoup et je ne pense pas que la réalité virtuelle parviendra à un niveau de détail suffisant pour changer cet état de fait avant de longues années.
En 2017, j'ai vendu, donné ou recyclé 37 objets (-15)
J'ai été moins méticuleux/précis dans le décompte des objets dont je me suis débarrassé. En réalité, le bilan de 2017 est probablement meilleur. Nous avons fait beaucoup d'ordre dans une pièce de notre appartement, qui servait de "dépôt" depuis notre emménagement en 2015.
En 2017, j'ai soutenu 8 nouveaux créateurs sur Patreon (+6)
Sur 14 pledges/dons Patreon en tout. Je soutiens essentiellement des producteurs de podcasts et des auteurs de webcomics, généralement à hauteur de 1 dollar par mois et par créateur, ce qui n'est pas beaucoup, mais mieux que rien.
J'ai également donné 1,8% de mon salaire brut aux associations sélectionnées par GiveWell via Stiftung für Effektiven Altruismus (on est encore loin des 10% préconisés, mais ça me semble un but difficile à atteindre...) et participé à une campagne sur WeMakeIt, pour soutenir la Crémerie Végane à Genève, qui a ouvert fin 2017.
En 2017, j'ai pris 18 634 photos (+11 003)
Plus du double par rapport à 2016, à cause de 2 gros voyages au Japon et aux Etats-Unis, j'imagine. Comme d'habitude, il s'agit d'une métrique très imprécise, étant un amateur de la fonctionnalité HDR, qui dédouble les photos.
En 2017, j'ai vu 8 pièces de théâtre (+2)
La meilleure a été une mise en scène contemporaine (comme souvent) de L'Avare à Vidy. Parmi ces 8 pièces, j'ai inclus une comédie musicale vue à New York (Wicked - pas mal, mais j'ai préféré Mamma Mia! en 2004).
En 2017, j'ai été impliqué dans 3 plaintes pénales
2 dirigées contre moi (d'anciens employeurs et un patron de magasin d'informatique) et une déposée par ma femme et moi-même (contre notre architecte / entrepreneur général). Les 2 plaintes dirigées contre moi ont été finalement invalidées par le Ministère public. J'ai tout de même dû participer à 2 interrogatoires, l'un par la police pour l'une des plaintes à mon encontre et l'un par le Procureur, en tant que spectateur, pour la plainte déposée contre notre architecte. Nous avions déjà été interrogés par la police judiciaire en 2016 pour cette dernière plainte. Tout cela prend du temps et provoque du stress...
En 2017, j'ai écouté 114 podcasts (-8)
Essentiellement le podcast de Sam Harris et Very Bad Wizards, qui me prennent quasiment tout mon temps consacré aux podcasts (i.e. mes trajets en voiture), comme en 2016, ainsi que Peach and Black, qui sont désormais plus actifs. Je saute toutefois certains épisodes de Sam Harris, désormais, alors que je le suivais un peu plus religieusement (!) l'année d'avant. J'ai essayé d'autres podcasts (The Skeptics' Guide to the Universe, par exemple), mais cela m'a juste fait prendre encore plus conscience du fait que j'avais déjà atteint la limite du nombre de podcasts que j'ai le temps de suivre régulièrement. Une fois que j'aurai dépilé la sélection d'anciens épisodes de Very Bad Wizards que je tiens à écouter, cela devrait aller mieux sur ce front.
En 2017, j'ai fait 5 randonnées (+2)
Toutes en Entremont (Val de Bagnes, etc.). Je répète souvent les mêmes randonnées, depuis des années. Il me semble que ce processus rejoint un peu celui de la méditation, comme je l'expliquais l'année d'avant déjà. Et puis, il faut bien admettre que c'est une belle région...
En 2017, j'ai eu 3 rhumes (-1)
C'est mieux qu'en 2016, malgré le fait que j'ai arrêté mon traitement au Dymista au printemps 2017. Statistiquement, c'est anecdotique, mais ça tendrait à prouver qu'aucun traitement n'est vraiment efficace.
En 2017, j'ai commencé à regarder 4 séries télévisées (+2) et terminé 23 saisons (-5)
Du côté des séries que j'ai découvertes, il y a Black Mirror, Horace and Pete, Mr. Robot et This Is Us. J'ai adoré par dessus tout Mr. Robot, dont j'ai dévoré les trois saisons et ai également été subjugué par la troisième saison de Twin Peaks (un OVNI à part, difficile à décrire). J'ai beaucoup aimé Horace and Pete, mais, après ce qui est arrivé à Louis CK, il est difficile de dire si une seconde saison sera tournée un jour. J'aime beaucoup aussi Black Mirror (une série souvent très sombre, comme Mr. Robot). Je continue à suivre Rick and Morty (toujours excellent) et nous avons terminé la cinquième et dernière saison d'Episodes (une bonne série, mais qui n'aurait peut-être pas dû durer aussi longtemps). Lorsque je regarde des séries seul, je le fais souvent durant mes sessions de crosstrainer (44 heures en 2017), mais je vais tout de même continuer à être plus sélectif avec les séries que je suis, comme pour les films. Dans cet esprit, j'ai arrêté de suivre 4 séries (que je ne nommerai pas, du coup).
En 2017, j'ai publié 234 tweets (-512)
Je n'avais jamais aussi peu publié de tweets (et de loin) en 7 ans. En fait, je suis globalement un peu fatigué par les réseaux sociaux, par Twitter, mais aussi par Facebook, ce que j'explique dans un article. Je reste persuadé qu'il y a une certaine valeur dans les réseaux sociaux, mais la manière dont Facebook et Twitter fonctionnent est tellement frustrante que le jeu en vaut rarement la chandelle. Le passage de Twitter de 140 à 280 caractères est une bonne initiative, mais leur système de fil de discussion est toujours une catastrophe. Facebook est un peu mieux, de ce point de vue, mais à peine. 
Début 2018, j'ai donc décidé de désinstaller l'application Facebook de mon smartphone. J'ai également installé une extension Chrome appelée StayFocusd sur mes différents laptops. Je limite mon temps cumulé d'utilisation de Facebook/Twitter à 2 minutes par jour, pour l'instant, ce qui peut paraître agressif, mais l'expérience est pour l'instant concluante.
En 2017, j'ai voté 3 fois
Il y a eu 3 votations dans l'année en Suisse, sur les 4 possibles au maximum. J'ai voté comme la majorité dans 5 cas sur 7.
En 2017, j'ai fait 4 voyages/séjours (+1)
Dont 2 "gros" voyages : un au Japon (Tokyo, Kyoto, Nara) et un aux Etats-Unis (Chicago, New Orleans, New York). C'était la troisième fois que j'allais à New York et la deuxième fois à New Orleans.
En 2018, j'aurais envie de dire, familièrement : "on prend les mêmes et on recommence" ; mais, à partir du mois de mai, ce seront surtout les couches-culottes (et mes heures de sommeil) que je compterai. Je m'attends donc à une baisse significative d'une bonne partie des chiffres ci-dessus. Mon but principal pour 2018 sera donc de retrouver un certain équilibre (entre la famille, la vie professionnelle, les amis, les hobbies, etc.), qui sera forcément un peu différent de ces dernières années.

Thursday, December 21, 2017

Having fun with the IMDb dataset files

What follows are some raw statistics and plots that I generated using imdb-stats, a small project written in Scala, gnuplot, and the IMDb dataset files. This is work in progress.

Note: I'm not a statistician (obviously).

As of December 21, 2017, there are 4,700,498 titles in the IMDb dataset files.

Title types

Titles can be partitioned into 10 different types:
  • TV episode: 3,120,588 (66.39%)
  • Short film: 596,395 (12.69%)
  • Feature film: 471,950 (10.04%)
  • Video: 189,542 (4.03%)
  • TV series: 139,903 (2.98%)
  • TV movie: 121,916 (2.59%)
  • TV mini-series: 20,912 (0.44%)
  • Video game: 20,707 (0.44%)
  • TV special: 10,422 (0.22%)
  • TV short: 8,163 (0.17%)

Years

4,430,900 titles (94.26%) have a start and/or end year defined:
  • minimum: 1,874.00
  • maximum: 2,115.00
  • mean: 1,999.21
  • median: 2,008.00
  • mode: 2,016.00
  • standard deviation: 22.40
The earliest title in IMDb is The Passage of Venus (1874). And, yes, 100 Years is planned for release in 2115!

Durations

1,445,426 titles (30.75%) have a runtime duration defined:
  • minimum: 1.00
  • maximum: 125,156.00
  • mean: 46.79
  • median: 30.00
  • mode: 30.00
  • standard deviation: 116.51
Most durations above 1,000 minutes are experimental videos, total durations for series, mistakes, etc.
Here are the statistics and frequency plot for feature films only:
  • count: 292,149
  • minimum: 1.00
  • maximum: 14,400.00
  • mean: 87.51
  • median: 88.00
  • mode: 90.00
  • standard deviation: 53.54
For short films only:
  • count: 388,272
  • minimum: 1.00
  • maximum: 1,834.00
  • mean: 13.27
  • median: 11.00
  • mode: 10.00
  • standard deviation: 10.04
There is some overlap between the short films and feature films. I'm not sure it totally makes sense (e.g. a feature film shorter than 10 minutes or a short film longer than 100 minutes?).

Ratings

789,386 titles (16.79%) have ratings.
  • minimum: 1.00
  • maximum: 10.00
  • mean: 6.94
  • median: 7.10
  • mode: 7.20
  • standard deviation: 1.39

Vote counts

Each title with a rating has at least 5 votes (this is a limit enforced by IMDb).
  • minimum: 5.00
  • maximum: 1,888,855.00
  • mean: 993.63
  • median: 20.00
  • mode: 5.00
  • standard deviation: 15,252.21
Most titles don't have much votes. The full frequency plot is not very useful:
If we zoom to 1,100 votes and less, we can see what's happening a little bit better:
95% of the titles with votes are in that area (i.e. about 1,100 votes and less):
  • votes ≥ 10: 571,597 (72.41%)
  • votes ≥ 100: 174,492 (22.10%)
  • votes ≥ 1,000: 41,927 (5.31%)
  • votes ≥ 10,000: 8,560 (1.08%)
  • votes ≥ 100,000: 1,608 (0.20%)
  • votes ≥ 1,000,000: 23 (0.00%)
Here is a list of the titles with more than 1,000,000 votes:
  1. 1,888,855 votes: The Shawshank Redemption
  2. 1,864,479 votes: The Dark Knight
  3. 1,653,332 votes: Inception
  4. 1,513,857 votes: Fight Club
  5. 1,477,384 votes: Pulp Fiction
  6. 1,425,693 votes: Forrest Gump
  7. 1,369,869 votes: The Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring
  8. 1,358,735 votes: The Matrix
  9. 1,349,685 votes: The Lord of the Rings: The Return of the King
  10. 1,289,627 votes: The Godfather
  11. 1,269,450 votes: The Dark Knight Rises
  12. 1,269,062 votes: Game of Thrones
  13. 1,221,666 votes: The Lord of the Rings: The Two Towers
  14. 1,151,888 votes: Se7en
  15. 1,120,080 votes: Interstellar
  16. 1,095,691 votes: Gladiator
  17. 1,089,898 votes: Batman Begins
  18. 1,087,575 votes: Django Unchained
  19. 1,076,266 votes: The Avengers
  20. 1,044,290 votes: Breaking Bad
  21. 1,018,092 votes: Star Wars: Episode IV - A New Hope
  22. 1,006,010 votes: The Silence of the Lambs
  23. 1,004,376 votes: Inglourious Basterds
Most (but not all) of those titles are feature films. The mean/median numbers of votes for feature films are greater than the mean/median numbers of votes for all titles:
  • minimum: 5.00
  • maximum: 1,888,855.00
  • mean: 3,108.20
  • median: 44.00
  • mode: 5.00
  • standard deviation: 28,483.48
But the plot still doesn't look like a bell curve:
  • votes ≥ 10: 176,223 (83.02%)
  • votes ≥ 100: 77,743 (36.63%)
  • votes ≥ 1,000: 25,560 (12.04%)
  • votes ≥ 10,000: 7,250 (3.42%)
  • votes ≥ 100,000: 1,504 (0.71%)
  • votes ≥ 1,000,000: 21 (0.01%)

Minimum ratings

Question: what's the minimum IMDb rating for a feature film that you should watch if you can only watch N feature films in your life?

Here's the plot if you take into account all feature films with ratings:
If you take into account only feature films with 100 votes or more:
And now with 10,000 votes or more:
All the plots have the same shape: the more films you take, the less you have to be strict/conservative about the minimum rating. It makes complete sense.

If you put all the plots on the same image, it becomes clear in what way the minimum number of votes influences the minimum rating:
The higher the number of votes, the lower the number of feature films there are with that many votes. In other words, you can be less strict/conservative about the minimum rating with movies that have lots of votes.

But let's be honest, shall we? You probably won't see more than 5,000 feature films in your entire life, unless you're a movie buff. So let's zoom a little:
At this scale, if becomes clear that the minimum number of votes becomes less important: the minimum rating doesn't go all the way down to 1; actually, it doesn't even go below 7.5 for most plots and doesn't go below ~6.5 for all of them. It appears that it's probably a good idea to stay clear of feature films with a rating lower than 7 or 8, depending on the number of films.

Example 1. Let's say you only have the time to watch 1,500 feature films. These are the minimum ratings for various minimum number of votes:
  • votes ≥ 5 ⇒ rating ≥ 9.20
  • votes ≥ 10 ⇒ rating ≥ 9.00
  • votes ≥ 100 ⇒ rating ≥ 8.20
  • votes ≥ 1,000 ⇒ rating ≥ 8.10
  • votes ≥ 10,000 ⇒ rating ≥ 7.70
  • votes ≥ 25,000 ⇒ rating ≥ 7.30
  • votes ≥ 100,000 ⇒ rating ≥ 4.70
Example 2. What about 250 feature films?
  • votes ≥ 5 ⇒ rating ≥ 9.70
  • votes ≥ 10 ⇒ rating ≥ 9.50
  • votes ≥ 100 ⇒ rating ≥ 8.80
  • votes ≥ 1,000 ⇒ rating ≥ 8.60
  • votes ≥ 10,000 ⇒ rating ≥ 8.30
  • votes ≥ 25,000 ⇒ rating ≥ 8.20
  • votes ≥ 100,000 ⇒ rating ≥ 8.10
At the time of writing, all the movies in the IMDb Top 250 have more than 25,000 votes and a rating of 8.0 or more. If I had to guess, I would have given a minimum rating of 8.1 for a maximum of 250 movies to watch and a minimum of 25'000 votes. The discrepancy probably comes from the fact that "only votes from regular IMDb voters are considered when creating the top 250 out of the full voting database". I have no way of knowing which vote comes from "regular IMDb voters". This information is not included in the IMDb dataset files.

To-do

  • check if there is a correlation between ratings and number of votes (plot + regression)
  • check if there is a correlation between ratings and years (plot + regression)

Wednesday, December 6, 2017

L'œuvre et l'artiste #MeToo

La question est devenue presque banale : est-il possible d'apprécier l'œuvre d'un artiste qui a commis des actes répréhensibles ? Certains répondront que, non, il faut boycotter un tel artiste, pour ne pas se rendre complice. D'autres, au contraire, répondront qu'il s'agit de distinguer l'artiste de son œuvre.

Récemment, c'est le cas de Louis CK qui m'a particulièrement touché. J'adore sa série Louie, dont cinq saisons ont été tournées, ainsi que Horace and Pete, diffusée l'année passée. Le 9 novembre 2017, il a été révélé que Louis CK avait demandé à cinq femmes de le regarder en train de se masturber, profitant d'une situation où il avait un certain pouvoir sur elles. Louis CK a admis les faits. Je ne peux pas rester insensible. Ce qu'il a fait est inacceptable. En même temps, j'adore ses séries. J'adore son œuvre. Comme je le disais début 2017, à propos de Louie : "il s'agit d'une série drôle, touchante, poétique, parfois bouleversante".

Avant ça, il y a eu Roman Polanski. J'adore ses films. Mais une dizaines de femmes l'accusent de comportements déplacés, voire d'abus sexuels. Le cas de 1977 (relation sexuelle avec une fille de 13 ans) est évidemment très connu.

Il y a eu aussi Woody Allen, mais son cas est moins clair. Oui, il a épousé la fille adoptive de sa compagne. C'est étrange, mais a priori pas immoral. Oui, il a été accusé par sa fille d'abus sexuel, mais Woody Allen a toujours nié les faits.

Ce dernier cas met en évidence que, lorsqu'une personne en accuse une autre publiquement, que cette dernière nie les faits et qu'aucun jugement ne valide l'accusation de la première, il est difficile de savoir ce qui s'est réellement passé.

La présomption d'innocence est un concept que l'on a tendance à oublier, tant les médias et les réseaux sociaux se nourrissent de l'idée qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que l'accusé est donc très probablement coupable, a priori. Il est plus facile de s'indigner, automatiquement, que d'utiliser son sens critique. Cette tendance est dangereuse. Comme le suggère Bari Weiss, ne perdons pas notre capacité à écouter, à donner la parole, mais aussi à vérifier les sources, à suspendre notre jugement, beaucoup trop souvent hâtif !

En effet, certaines personnes sont des victimes et il s'agit de les défendre, mais d'autres cherchent simplement à nuire ou à tirer profit de la situation. Il existe aussi un phénomène pervers, moins connu, celui de la mémoire fictive. Se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé, cela semble aberrant lorsque l'on parle de viol ou d'abus sexuel, mais il est prouvé que cela est possible.

Un autre problème - et je suis content que David et Tamler, du podcast Very Bad Wizards, aient insisté sur ce point - c'est que, dans ce débat, il y a des nuances à garder en tête. Des nuances que les réseaux sociaux (Twitter, en particulier) supportent assez mal. Un homme qui oblige une femme à le regarder en train de se masturber, c'est grave et c'est inacceptable, mais c'est aussi moins grave qu'un homme qui drogue et qui viole une femme. Le problème, comme le soulignent David et Tamler, c'est que nous sommes très mauvais lorsqu'il s'agit d'adapter nos réactions à ces nuances. Le plus simple, et c'est ce que font beaucoup de gens, est de refuser cette nuance et de mettre tous les cas dans le même panier.

Enfin, un phénomène qui fait que le cas de Louis CK est difficile à avaler pour moi est qu'il est plus ou moins difficile de séparer l'artiste et l'œuvre selon le type d'œuvre dont on parle. Il est beaucoup plus simple de faire abstraction de l'artiste lorsque celui-ci n'est pas présent dans son œuvre (par exemple un peintre ou un réalisateur qui ne jouerait pas dans son film). A l'inverse, ce processus de distanciation est beaucoup plus compliqué lorsque l'on parle d'un acteur et, a fortiori, d'un humoriste tel que Louis CK, qui jouera toujours un rôle, certes, mais beaucoup plus inspiré par son caractère et son expérience personnelle que dans le contexte d'un film, par exemple.

Au final, je ne ressens pas le besoin de boycotter Louis CK. Je trouve cela irrationnel. Mais je ne ressens pas non plus l'envie de regarder quoi que ce soit de lui. Je repense aux épisodes de Louie qui m'ont particulièrement touché. Ceux qui m'ont bouleversé, comme je l'écrivais. Pour l'instant, dans le contexte actuel, cela me semblerait étrange de les regarder à nouveau. Il me faudra du temps. Du temps pour accepter l'idée que Louis CK est un être sensible, poète, drôle, mais aussi un être trouble, malade, que le pouvoir a perverti, comme tant d'autres. Bref, il me faudra du temps pour accepter la nuance.

Friday, November 10, 2017

Mon plan pour résister à la canicule

Au moment où j'écris ces lignes, il fait 3 °C dehors, donc le sujet de cet article n'est plus vraiment d'actualité. Cela étant dit, je voulais tout de même mettre par écrit mon expérience suite à la chaleur estivale.

Je suis quelqu'un qui souffre énormément de la chaleur. C'est quelque chose de difficile à quantifier et j'arrive à cette conclusion à partir de données largement anecdotiques, mais je dirais que je souffre de la chaleur plus que la moyenne. Je transpire visiblement plus vite que beaucoup de personnes autour de moi. Lorsque je me sens mal dans ma peau à cause de la chaleur (transpiration, fatigue, etc.), je rencontre encore de nombreuses personnes me disant qu'elles trouvent la température agréable. Je fais partie de ces gens qui préfèrent lorsque les températures maximales ne dépassent pas les 25 °C.

Depuis bientôt quatre ans maintenant, nous habitons dans un appartement au dernier étage d'un immeuble, sous le toit, avec une mezzanine. Le bâtiment a été construit en 2014, donc il est relativement bien isolé, bien que probablement pas complètement au norme.

Fin 2016, je me suis mis à installer un système domotique dans notre appartement (commandes de trois stores électriques, capteurs de températures, etc.).

Voici mes conseils pour mieux vivre dans un appartement en période de grande chaleur :
  • Il ne faut absolument pas laisser entrer le soleil par les fenêtres durant la journée. C'est l'une des plus grosses sources de chaleur. Le plus simple est de laisser les stores fermés en permanence. Avec un système domotique, il est possible de faire les choses un peu plus intelligemment et de les programmer pour qu'ils restent fermés uniquement lorsque le soleil est présent.
  • Il ne faut pas ouvrir les fenêtres avant que la température extérieure ne tombe en dessous de la température intérieure. Attention : les courants d'air, même légers, sont trompeurs et peuvent inciter à ouvrir les fenêtres alors que l'air extérieur est encore trop chaud. Des capteurs de températures (ou de simples thermomètres, bien entendu) situés à l'intérieur et à l'extérieur, mais à l'abri du soleil et le plus éloignés possible des murs chauds, peuvent aider à déterminer le moment idéal pour ouvrir les fenêtres.
  • Nous avons deux fenêtres de toit (Velux) et l'installation de marquisettes à ces fenêtres a été très bénéfique. Les marquisettes que nous avons achetées sont des voiles extérieurs laissant passer encore pas mal de lumière, mais réduisant fortement la quantité de chaleur pouvant entrer par les fenêtres. Elles sont électriques (panneaux solaires) et commandées à distance.
  • J'utilise une couette fine toute l'année et n'aime pas dormir sans rien sur moi. En période de canicule, un drap ou même une housse de couette vide est pour moi le compromis idéal.
  • Nous n'avons pas d'air conditionné, mais un ventilateur peu bruyant, sur la position la plus faible, aide beaucoup à passer une meilleure nuit. Selon mon expérience, les ventilateurs Dyson "bladeless", bien que plus chers que la plupart des ventilateurs sont suffisamment silencieux pour pouvoir être utilisés en continu durant la nuit.
  • Habitant à côté d'une route, nous ne pouvons pas ouvrir la fenêtre de notre chambre, même avec des bouchons dans les oreilles. Nous ouvrons donc la porte de notre chambre, ainsi que d'autres fenêtres dans l'appartement.
  • Ayant un chat, qui a tendance à entrer dans notre chambre durant la nuit et à nous déranger, nous avons fait l'acquisition d'une barrière de sécurité (comme pour les enfants, mais plus haute).
  • Pour éviter que notre chat ne sorte par une fenêtre de toit (c'est un chat d'appartement), nous avons également fait installer une moustiquaire à la fenêtre de toit de la mezzanine. Cela nous permet également de l'ouvrir le soir sans que des insectes puissent entrer (c'est la fonction primaire d'une moustiquaire, évidemment !).
Cela fait pas mal d'investissements un peu compliqués (domotique, marquisettes, moustiquaire, ventilateur, barrière, etc.), mais un bon sommeil, ça n'a pas de prix !

Les conseils habituels, disponibles sur de nombreux autres sites, restent bien entendu valables : éviter les boissons et repas chauds le soir, éviter les sources de chaleur intérieures telles que les fours, etc.

Thursday, October 26, 2017

Plus de deux ans sans Facebook

J'ai fait une pause sans Facebook durant plus de deux ans entre janvier 2014 et août 2016. Durant cette période, mon compte n'a pas été complètement inactif : j'ai été "taggé" par ma femme à quelques occasions et ai reçu des commentaires pour mon anniversaire (en 2014, 2015 et 2016). J'ai également fait deux exceptions en avril 2016, à l'occasion de la mort de Prince. Sinon, je n'ai rien posté durant toute cette période et n'ai quasiment plus lu les statuts de mes contacts (autrement appelés "amis"). Ça n'est qu'en août 2016, lors de notre voyage en Namibie, que j'ai vraiment recommencé à poster régulièrement sur Facebook.

Au début, il s'agissait d'une pause spontanée, a priori momentanée. Puis je me suis dit : "Pourquoi ne pas essayer de tenir une année sans Facebook ?" Une sorte de défi, en quelque sorte. J'ai donc commencé à prendre des notes dans un brouillon intitulé "Une année sans Facebook". L'année a passé. L'envie de me remettre activement à Facebook n'est pas revenue. Une deuxième année a passé. Idem. C'est ainsi que je me suis retrouvé à ne plus vraiment utiliser Facebook durant plus de deux ans et demi.

Un certain nombre de motivations m'ont poussé à réaliser cette expérience :
  1. Tout d'abord, sur Facebook, les gens ont tendance à se présenter sous leur meilleur jour, dans leurs moments les plus heureux : en vacances, autour d'un bon repas, en train de s'amuser avec des amis, etc. Et, apparemment, cela a tendance à nous déprimer, que l'on en soit conscient ou pas. D'un point de vue évolutionniste, cela a du sens. Au pire, cela peut probablement accentuer notre sentiment d'insignifiance.
  2. Ensuite, Facebook encourage à nous comparer aux autres et à rechercher un certain succès. C'est la "chasse aux likes", la chasse aux commentaires. Lequel de mes statuts a-t-il eu le plus de succès ? De quoi faut-il parler ? Ma photo sera-t-elle appréciée ? Toutes ces questions, bien que parfois enrichissantes, ne me semblent pas saines, à la longue. Via ses métriques simplistes, Facebook n'encourage à mon sens pas à se poser les bonnes questions.
  3. Au delà d'un certains nombres de contacts/amis, le fil d'actualité commence à contenir beaucoup de statuts, de photos, de vidéos, etc. Il est difficile d'avoir l'impression d'être à jour. Les statuts pertinents se perdent dans un flot incessant de statuts au mieux anecdotiques et, au pire, franchement inintéressants. Cela peut engendrer à la longue une forme de lassitude, un sentiment de surcharge informationnelle. 
  4. J'utilise également Twitter. Les utilisations et les contacts ne sont pas forcément les mêmes, mais il y a forcément une certaine redondance entre les deux réseaux sociaux. J'ai eu, à un moment en tout cas, le sentiment que je pouvais me contenter de Twitter.
  5. Et, d'ailleurs, en parlant de Twitter, je trouve de plus en plus inquiétant la manière dont Facebook "tue le web", en ne se laissant pas référencer par les moteurs de recherche, par archive.org, etc. Je pensais à une certaine époque qu'il s'agissait d'une exagération, mais je n'en suis plus si sûr. J'apprécie de moins en moins le côté fermé, opaque de Facebook.
Durant les plus de deux ans durant lesquels je me suis passé de Facebook, je m'en suis tenu à quelques règles très simples :
  1. J'ai laissé mon compte tel quel. Je ne l'ai pas supprimé. Je n'ai pas touché aux réglages de mon compte (notifications, etc.).
  2. Je n'ai plus utilisé ni le site web de Facebook ni l'application Facebook sur mon smartphone pour poster des statuts ou lire ceux de mes contacts. J'ai de plus déplacé l'application Facebook de la première à la dernière page d'applications de mon smartphone.
  3. J'ai également évité d'utiliser mon compte Facebook pour laisser des commentaires ou me connecter sur d'autres sites. Je n'ai toutefois pas tenté activement de ne plus être tracké par Facebook sur des sites tiers.
Voici ce qui m'a le plus marqué durant mon expérience :
  1. Une partie de ce qui se passait dans nos familles ou chez nos amis communs m'a été communiqué par ma femme, qui continuait à utiliser Facebook. Avec un certain humour, un utilisateur de Hacker News a appelé ce concept spouse firewall. A quelques occasions, j'ai tout de même appris certaines nouvelles plus importantes avec un retard significatif (plusieurs semaines ou mois).
  2. Certains groupes ou forums utiles (par exemple ceux pour faire des dons d'objets) m'ont fait revenir régulièrement sur Facebook. Les adolescents semblent d'ailleurs privilégier cet usage : "Facebook is often used by us mainly for its group functionality."
  3. Facebook exploite les anniversaires pour faire revenir les gens absents. J'ai d'ailleurs fait une exception aux règles que je m'étais données pour répondre aux voeux de mes contacts. Un peu par politesse, par obligation. Il me paraît évident que Facebook tire parti de ce genre de sentiments.
  4. Au bout d'une année, Facebook est devenu particulièrement "agressif" avec ses emails de notifications, me rappelant selon une logique que je n'ai pas encore comprise que certains de mes contacts avaient posté un statut, par exemple. Après une absence encore plus longue (après deux ans, disons), cette "agressivité" s'est encore accentuée. Ou alors Facebook a simplement réglé ou changé ses algorithmes. Difficile de le savoir précisément.
  5. Comme je n'ai pas changé les réglages de mon compte, il m'est également arrivé de recevoir des notifications sur mon smartphone. A nouveau, selon une logique que je n'ai pas toujours comprise.
  6. Sur Twitter, l'absence d'une bonne partie des personnes que je connais (amis et famille) m'a manqué. Je suis plus de personnes sur Twitter que sur Facebook, mais le fait que ces personnes me soient moins familières change complètement la dynamique des échanges.
  7. La limitation de la taille des tweets (140 caractères maximum) semble désormais vraiment anachronique. Twitter est nettement moins pratique que Facebook pour débattre, pour avoir une discussion. Je n'ai pris toute la mesure de cette différence qu'en n'ayant plus que Twitter à disposition.
Cela fait donc plus d'une année que je me suis remis à utiliser Facebook, surtout pour garder le contact avec certaines personnes et me tenir au courant de ce qu'elles font, mais je crois que je suis plus que jamais frustré par Facebook :
  1. Sur Twitter, j'utilise une liste avec les quelques personnes dont je veux absolument lire tous les tweets. Plus que cela, je n'utilise presque que cette liste (disons en tous cas plus de 80% du temps). Facebook propose aussi une fonctionnalité similaire, mais, expérience faite et à moins que quelque chose ne m'échappe, seuls les statuts très récents apparaissent dans ces listes, ce qui rend leur utilisation complètement dénuée de sens pour moi.
  2. La qualité de ce qui apparaît dans mon fil d'actualité Facebook est très variable et je n'ai pas le sentiment d'avoir le contrôle sur cette qualité, même lorsque je donne un retour à Facebook (moins de ceci, plus de cela, etc.). Bref, l'algorithme qui gère le fil d'actualité me paraît opaque, incompréhensible et, donc, au final frustrant, comme je n'ai pas moyen de le contourner (fonctionnalité de listes inutilisable).
  3. Je trouve plus difficile d'être ouvert et transparent sur Facebook. C'est comme si, en présence d'autant de connaissances, d'amis, de collègues et de membres de la famille, il fallait en permanence jouer un rôle, se censurer, ne rien dire qui pourrait blesser autrui. J'en ai fait l'amère expérience quelques temps après avoir recommencé à utiliser Facebook, en postant ce que je pensais être un statut humoristique sur la thématique du véganisme. Un ancien collègue s'est acharné de manière complètement décousue et irrationnelle sur moi. Alors j'imagine que cela en dit plus sur cet ancien collègue que sur Facebook de manière générale, mais, depuis, oui, je me censure un peu. J'essaie d'être plus consensuel.
  4. Le phénomène de "chasse au likes" est toujours bien présent. J'essaie une extension appelée Demetricator depuis plusieurs mois, pour mitiger ce problème, mais c'est une solution imparfaite (il n'y a pas de solution comparable sur l'application smartphone, par exemple).
Bref, j'essaie autant que possible de limiter le temps (souvent frustrant) que je passe sur Facebook, mais c'est peut-être une course perdue d'avance, puisque, comme l'explique Tristan Harris, le but des algorithmes de Facebook est de nous faire passer le plus de temps sur le site ou l'application de Facebook, de provoquer, au final, une addiction.